Accueil
Actualités
Interviews
Abdelhak Jamaï : "Donner le tempo dans l’impact…"
Peux-tu revenir sur ton parcours ?
J’ai débuté en National à Sète à 23 ans avant de rejoindre Arles la saison d’après. Même si je sais que cela reste un mauvais souvenir du côté de Cannes, pour moi cette année reste la plus belle jusqu’à aujourd’hui avec l’accession en Ligue 2. J’avais fait vingt-cinq matchs dans la saison, j’étais jeune, donc j’ai pris un gros coup sur la tête au mois de juin lorsque les dirigeants ne m’ont pas renouvelé mon contrat. Ils ont préféré recruter des joueurs d’expérience comme Sébastien Piocelle à mon poste. J’en garde un goût amer, mais c’est le football, un milieu où rien n’est jamais acquis et où parfois des paramètres extérieurs contre lesquels vous ne pouvez rien vous desservent. Après cette expérience j’ai donc rebondi à Gueugnon en National qui avait toujours le statut pro et un projet qui semblait intéressant. La première année s’est bien passée, malheureusement le club a connu de grosses difficultés financières la saison dernière et n’a pas pu finir le championnat.
Après quatre saisons en National, qu’est ce qui t’a amené à retourner en DH à Sète ?
J’ai fait confiance à un agent qui finalement n’a pas réussi à tenir ses engagements. Je me suis donc tourné vers mon ancien entraîneur à Sète avec qui j’ai gardé de très bonnes relations. Il m’a proposé de venir leur donner un coup de main. J’y suis allé avec plaisir, cela m’a permis de m’entretenir et de me ressourcer dans un cadre que je connaissais bien.
Peux-tu nous expliquer les circonstances de ton arrivée à Cannes ?
J’ai été contacté par les dirigeants, cela m’a forcément tout de suite intéressé. J ai eu le coach qui me connaissait pour avoir joué contre moi avec le Paris FC il y a quelques années. Il m’a dit qu’il cherchait un joueur pour amener « de la poudre » au milieu. Je pense pouvoir répondre à sa demande dans ce domaine. (rires) Pour être plus sérieux, c’est une belle opportunité qui s’offre à moi en signant à Cannes. J’arrive dans un club structuré et ambitieux qui n’a rien d’un club de CFA.
Justement que connaissais-tu du club ?
En tant qu’amateur de foot, je connais comme tout le monde le passé du club avec tous les joueurs issus de son centre de formation. Comme je le disais précédemment c’est une lapalissade de dire que le club mérite de retrouver le professionnalisme. Quand on voit les installations, le stade et l’histoire de l’AS Cannes, il serait logique qu’il retrouve le monde professionnel.
Comment s’est passé ton intégration dans le groupe ?
Les joueurs m’ont bien accueilli. En plus je connaissais déjà Romain Rambier avec qui j’avais joué à Sète et Peri Radic que j’avais côtoyé à Gueugnon. Mais de toute manière lorsque l’on arrive dans un club au mercato, il faut faire le dos rond et donner tout ce que l’on a sur le terrain. Ensuite on trouve sa place naturellement dans le vestiaire.
Peux-tu nous décrire ton style de jeu et ce que te demande le coach ?
Le coach me demande de mettre de l’agressivité au milieu et de le communiquer autour de moi tout en jouant simple et propre. Le but est d’être présent athlétiquement dans le cœur du jeu pour donner le tempo de l’équipe dans l’impact. A moi de trouver le juste milieu pour éviter d’aller au rouge (carton). C’était un peu un de mes défauts par le passé, mais j’ai acquis de l’expérience et j’arrive mieux aujourd’hui à gérer un match en fonction des circonstances. J’ai pris conscience que si je déborde de mon rôle en me faisant expulser, cela avait l’effet inverse en pénalisant l’équipe.
Quelles sensations tu as eu pour ton premier match sous le maillot rouge et blanc ?
La meilleure des sensations avec la victoire, c’était quelque chose de capital. Sinon sur un plan personnel, je me suis senti bien, même s’il y a un manque naturel d’automatismes qui se gommera progressivement avec le temps. Pour une première, je suis satisfait, mais peu mieux faire.
Quelles sont pour toi les qualités et défauts du groupe ?
L’équipe prend beaucoup de buts, c’est pour ça qu’au-delà de la victoire face à Monaco, le « clean-shit » comme disent les Anglais (match gagné sans prendre de but) était très important. Je l’explique par le fait que l’on a du mal à gérer les temps faibles d’un match. Sinon on a beaucoup de qualités devant, mais on doit être plus exigeant, être plus tueur devant le but. Il faut que chacun pousse l’autre à donner plus à chaque entraînement, il n’y a que comme ça que l’on progressera.
Quel est ton avis sur le championnat CFA ?
C’est un championnat très physique où il y a très peu d’espaces. C’est simple, plus on monte de division, plus il y a d’espaces et la possibilité de développer du jeu. Je pense que c’est primordial d’avoir une assise défensive, d’être présent dans le combat pour ensuite seulement essayer de faire du jeu.
A 27 ans, comment vois-tu ton avenir ?
J’ai pris deux gros coups sur la tête dans ma carrière en n’étant pas conservé à Arles et avec le dépôt de bilan à Gueugnon. Je n’ai donc plus envie de tirer de plan sur la comète. Simplement m’investir pleinement dans un club avec un beau projet, apporter ma pierre à l’édifice en espérant dans un premier temps retrouver le niveau que j’ai connu, avant de voir plus haut.
