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David Louhoungou : "Etre plus constants !"
David, après ta vraie fausse arrivée cet été, tu as enfin pu porter le maillot rouge et blanc pour la première fois en match officiel. Comment as-tu vécu ces moments ?
J’étais dans le flou, mais cela me tenait à cœur de signer à l’AS Cannes. C’était mon premier choix. J’ai d’abord eu beaucoup de déception et de frustration de repartir cet été compte tenu de la situation pour le club, mais finalement je suis revenu et j’ai eu la chance de faire mes débuts face à Gap. Même si nous sommes en CFA, c’est un soulagement parce que je m’étais projeté dans ce club et dans ce groupe avec lequel j’avais repris la préparation.
Tu as fait un parcours idéal pour un jeune footballeur en fréquentant le centre de pré-formation de l’INF Clairefontaine avant de passer cinq saisons au Stade Rennais (champion de France 18 ans en 2007 et vainqueur de la Gambardella en 2008), meilleur club formateur français de ces dernières années. Que gardes-tu de cette période ?
Footbalistiquement, il s’agit des meilleures années de ma vie. Je jouais dans l’élite, on a gagné des titres. Je pense sincèrement qu’il n’y avait pas mieux pour se former, il n’y a qu’à voir les joueurs qui sont sortis ces dernières années du centre de formation de Rennes, l’équipe première en est composé en grande partie. Le seul regret que j’ai, c’est de ne pas avoir réussi à m’imposer dans le groupe pro, mais le foot est aléatoire et j’ai préféré redescendre de niveau pour mieux rebondir.
Justement comment expliques-tu que tu n’ais pas réussi à franchir le pas de l’équipe première ?
Avec du recul, je pense que j’ai peut être voulu trop vite sauter les étapes. Je n’ai pas laissé le temps faire les choses. Je n’avais pas la maturité que j’ai aujourd’hui, j’étais jeune. Je pense qu’il s’agit de la principale raison de mon départ précipité de Rennes.
Depuis tu es passé par l’Ecosse et la Turquie avant de revenir en France. Est-ce que c’était une volonté de partir à l’étranger ?
Oui, j’ai toujours été attiré par le football britannique. C’est un football qui me ressemble. En plus j’aime découvrir de nouvelles cultures, des autres langues. Donc lorsque le club d’Hamilton (L1 écossaise) m’a proposé mon premier contrat professionnel, je n’ai pas hésité une seconde. Ce fut une très belle expérience, j’ai eu la chance de jouer contre les Celtic et les Rangers dans des stades plein de plus de 50 000 personnes. Ce sont des moments inoubliables. La Turquie, c’est un peu différent dans le sens où c’est un challenge qui s’est présenté à moi à la fin de mon contrat en Ecosse. Kocaelispor était un club ambitieux qui venait de descendre en L2 turque. Il y avait également une très grande ferveur populaire.
Qu’y as-tu appris ou découvert ?
Pour les deux cas, C’est une autre culture à tous les niveaux, une autre façon de voir le football et la vie de façon générale. Cela a été vraiment bénéfique en termes d’expérience humaine et de maturité. Et au-delà du football, je pense que c’est aussi de ça dont j’avais besoin pour avancer dans ma vie de footballeur. Je suis encore jeune à 22 ans, mais ces expériences m’ont fait prendre conscience des erreurs que j’ai pu commettre par manque de maturité à la fin de ma formation à Rennes. Après avoir vécu de belles expériences et accumulé ce vécu, j’ai pensé que c’était le bon moment pour revenir en France et me relancer.
Es-tu venu à Cannes avec l’objectif de te poser ?
Se poser n’est pas forcément le mot adapté puisque je suis prêté par Boulogne/Mer, mais il est sûr que j’aimerai faire un bout de chemin avec Cannes. Je suis venu pour donner un nouvel élan à ma carrière, donc si cela peut coïncider avec l’évolution du club, ce sera un grand plaisir. D’autant plus que j’ai trouvé ici des coéquipiers et un staff que j’apprécie.

Comment juges-tu le groupe ?
Le groupe a été dans un premier temps très perturbé dans le sens où après la reprise de la préparation et le début des matchs amicaux, nous avions tous conscience d’avoir une équipe pour faire quelque chose en National. Cela a donc été difficile d’accepter la sanction administrative à partir du moment où sportivement on n’y était pour rien. Puis le temps est passé et le groupe s’est remobilisé pour aujourd’hui être pleinement tourné vers l’objectif montée.
Quels sont les points sur lesquels le groupe doit encore progresser ?
On a tendance à trop se reposer sur nos qualités. En étant objectif je pense que l’on peut dire que techniquement le groupe est au-dessus en CFA, mais le problème est que l’on tombe dans la facilité. On se relâche et il y a un vrai travail sur nous-mêmes à réaliser pour être beaucoup plus constant dans la performance.
L’équipe reste sur trois victoires et il semblerait qu’avec le staff vous vous soyez fixés un objectif entre vous sur les matchs à venir. Peut-on en savoir plus ?
J’ai envie de dire que l’objectif que l’on s’est fixé de gagner 5 matchs consécutifs en championnat est fictif, dans le sens où l’on a tous envie de faire une série beaucoup plus longue… mais attention, sans manquer d’humilité, parce que sinon on aura des surprises. Il faut avoir conscience de nos qualités, en être sûr, mais garder en tête que chaque rencontre restera un combat, parce que si vous ne vous imposez pas d’abord physiquement, la différence technique ne peut pas se faire.
Malgré ton jeune âge, tu es parmi les leaders du groupe. Est-ce important pour toi de t’impliquer aussi en dehors du terrain ?
Bien sûr ! Malgré mon jeune âge, mon parcours que l’on a évoqué précédemment me permet d’avoir un vécu assez important qui me permet d’être à la fois proche des anciens et des plus jeunes. Je suis impliqué à 100% dans ce que je fais, c’est bénéfique pour moi et pour le groupe.
Dimanche c’est un match de Coupe de France qui se profile dans un quartier de Marseille. Ce sont des matchs jamais simples à négocier…
Ce n’est jamais simple, il faut respecter l’adversaire malgré la différence de niveau sur le papier. On l’a vu au tour précédent face au Cannet, on a eu du mal en 1ère mi-temps sur un terrain synthétique et face à une équipe qui a beaucoup donné. Il faut faire abstraction de tout ça, bien se préparer, garder notre professionnalisme et faire le boulot.
Que peut-on te souhaiter ?
De faire une bonne saison, de prendre un minimum de cartons parce que j’en prends beaucoup (rires) et bien sûr la montée pour l’AS Cannes en fin de saison.
