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Elyas Uzamukunda : "Prendre 4 points à Colomiers !"
Parlons un peu de l’actualité du football africain. As-tu suivi la CAN ?
Bien sûr ! Pour tous les Africains cette compétition est très importante. Je l’ai suivi même très attentivement et les différents résultats montrent qu’en football tout est possible.
Que représente la CAN pour un joueur africain ?
Il s’agit de quelque chose d’extraordinaire. Il y a très peu de pays africains qui ont la chance de pouvoir participer à une Coupe du Monde avec seulement cinq places tous les quatre ans. On va dire que pour des pays comme le Rwanda, la Coupe d’Afrique des Nations c’est notre Coupe du Monde.
Quel est ton avis sur l’édition 2012 qui a vu la victoire de la Zambie ?
Je pense que sur ce qu’elle a montré dans sa qualité de jeu et dans son envie, la Zambie méritait de gagner cette CAN. Avec l’accident d’avion mortel qu’il y avait eu il y a quelques années au Gabon, on sentait qu’ils avaient à cœur de rendre hommage à leurs ainés disparus. On se rend compte que sur ces grandes compétitions africaines souvent les grandes nations déçoivent. Ça a été le cas encore cette année avec le Maroc, la Tunisie, le Sénégal, le Nigéria ou même la Côte d’Ivoire qui, malgré sa finale, n’a pas montré grand-chose dans le jeu. Je pense que les joueurs qui jouent en Europe ne viennent peut être pas avec assez de motivation. Il suffit de voir la Zambie, tous les joueurs évoluent au pays et ils ont réussi à battre les éléphants Ivoiriens qui jouent dans les meilleurs clubs européens.
Tu pars rejoindre ta sélection cette semaine. Comment se passe le retour au pays pour ces matchs internationaux ?
C’est quelque chose d’incroyable. Pour notre famille, c’est une immense fierté d’avoir l’un des siens qui joue pour l’équipe nationale. On évolue à domicile devant 50 000 supporters en délire, je vis de grandes émotions et en plus j’acquiers de l’expérience en jouant face à des défenseurs expérimentés. Ce sera le cas la semaine prochaine puisque l’on reçoit le grand Nigéria pour le premier match éliminatoire pour la CAN 2013.
Avec un peu de recul puisque tu es là depuis maintenant près de 3 ans. Comment vit-on à 17 ans le fait d’être déraciné et de découvrir une culture qui n’a rien à voir avec la sienne ?
C’était très difficile dans un premier temps. Je n’avais rien connu d’autres que mon pays. Le mode de vie et les coutumes sont très différents en France par rapport au Rwanda. Et puis il y a le climat, lors de mon année à Nantes, j’avais carrément du mal à jouer l’hiver, je découvrais le froid. Je n’avais jamais vu la neige auparavant. Et puis je m’y suis fait progressivement, j’ai rencontré des amis et j’ai la chance de m’être rapproché du sud (rires).
Revenons à cette saison, après un début de saison difficile, tu reviens bien. Comment expliques-tu les difficultés que tu as rencontrées ?
J’avais bien commencé la préparation et la saison puis j’ai eu une baisse de forme due en partie à une prise de poids. C’était difficile à expliquer parce que je n’avais pas changé grand-chose dans mon alimentation, mais j’avais pris quelques kilos. Je me sentais plus lourd sur le terrain dans mes appels, mes déplacements. On en a parlé avec le doc, j’ai fait encore plus attention à ma façon de manger et j’ai redoublé d’efforts à l’entraînement. Ça a payé puisque j’ai perdu 4 kilos et je me sens beaucoup mieux. Je me suis fixé un objectif de 15 buts, j’en suis à 4, je n’ai plus de temps à perdre.
Comment sens-tu l’équipe en ce moment ?
On est beaucoup mieux que lors de la première partie de saison. On travaille ensemble avec le même objectif. Le coach a redonné un souffle au groupe et mis en place une rigueur que l’on n’avait pas. Aujourd’hui chacun sait ce qu’il a à faire, les entraînements sont intenses, mais toujours dans la bonne humeur.
Le groupe semble dégager beaucoup plus de confiance et de solidité depuis quelques semaines. Est-ce aussi ton sentiment de l’intérieur ?
Oui, la différence c’est que l’on communique beaucoup entre nous. Les anciens ont pris peut être aussi plus leur rôle à cœur. Chacun fait le maximum et comme je le disais coach Pilorget a amené une rigueur dans son discours et son organisation qui nous fait du bien. On se retrouve.
Cette semaine avec trois matchs à l’extérieur est capitale avant de recevoir Uzès et Tarbes. Vous êtes vous fixé un objectif entre vous ?
L’objectif initial était de gagner les trois matchs, malheureusement on s’est fait accrocher à Marignane malgré un bon match, il faut maintenant aller chercher les quatre points à Colomiers.
Peux-tu nous dire un mot sur la rencontre à Marignane ?
J’ai envie de dire qu’il n’a manqué que les buts, malheureusement c’est le plus important en football. On s’est créé beaucoup d’occasions, mais on a pêché dans le dernier geste. Il faut que l’on essaye d’apporter la même rigueur offensivement que ce que l’on arrive à faire défensivement maintenant.
Comment tu vois la fin de saison ?
Je suis un compétiteur et un éternel optimiste, je nous vois donc bien arracher la montée au mois de juin prochain. Il n’y a que ça qui m’intéresse aujourd’hui.
