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Le 29/08/2012 - 11:09

Jean-Marc Pilorget à coeur ouvert...

Cette semaine pas de debrief, mais un entretien exclusif avec le coach qui décrypte le début de saison, fait le point sur son groupe et évoque de façon plus général la gestion d’un groupe.

Etes-vous satisfait du début de saison ?
Globalement oui, mais est-ce qu’un entraîneur peut réellement être satisfait ? (sourire) Nous sommes au début de saison, il y a donc naturellement beaucoup de travail à accomplir, mais les garçons bossent bien. L’état d’esprit affiché depuis le début de la compétition est le même que lors de la préparation et tant que l’on parviendra à garder ce niveau d’implication et d’exigence, le groupe sera dans le vrai.

Matchs amicaux compris, votre formation est toujours invaincue. Est-ce une notion à laquelle vous tenez ou est-ce anecdotique ?
Je sais que certaines personnes prennent en compte les matchs amicaux dans ce type de statistiques, mais dans ma vision des choses les rencontres de préparation sont simplement des séances de travail avec opposition. Après je comprends que pour les joueurs cela puisse être important, il s’agit d’une dynamique. Dans ma vision, nous sommes sur une série de trois matchs depuis l’ouverture du championnat et l’objectif n’est pas d’essayer de perdre le moins possible, mais de gagner le plus possible.

On parle de plus en plus d’un entraineur comme d’un manager. Cette notion de management humain est-elle primordial et la clé de la réussite ?
Le management est primordial aujourd’hui, ce qui n’était pas forcément le cas il y a encore quelques années. La technique, la tactique et le physique sont autant de paramètres qui rentrent en ligne de compte dans la performance, mais pour moi le management est le plus important car il va permettre d’avoir une cohésion de groupe et de tirer le meilleur de chaque individu. On ne parle pas à un joueur comme à un autre. Certains ont besoin d’être remontés devant le groupe et d’autres en entretien individuel. Mais je ne pense pas que ce soit vrai que dans le milieu du foot. Pour en avoir parlé avec des chefs d’entreprise, la gestion humaine est également primordiale dans toutes les sociétés, au-delà de la compétence des salariés. Une fois cette dimension psychologique prise en compte, il reste bien sûr le terrain et les subtilités d’un match. Savoir analyser les forces et faiblesses d’un adversaire, c’est également l’essence du métier d’entraineur.

Comment expliquez-vous cette évolution de la mentalité des joueurs et comment avez-vous adapté votre gestion humaine ?
J’ai l’impression qu’en l’espace de quelques années la société a évolué de façon phénoménale, mais pas forcément dans le bon sens sur un plan des mentalités. Dans le football, on constate un manque de respect de plein de choses et c’est insupportable. Mais ce n’est pas vrai que dans le foot, ce que l’on constate dans notre sport est simplement un reflet de la société. J’ai le sentiment que la dernière génération mature est celle de 1998. Au-delà du fait d’avoir gagné, on peut constater aujourd’hui que la plupart ont su se reconvertir. Ils avaient la tête sur les épaules avec de vraies valeurs. Quand on observe les jeunes aujourd’hui que ce soit à l’école, dans le sport ou même à la télé, on se rend compte qu’il y a beaucoup de superficiel et un manque de profondeur. Même s’il ne faut pas en faire une globalité, c’est quand même une tendance actuelle.
Pour répondre à la deuxième partie de la question, quand je fais connaissance avec un nouveau groupe, j’explique tout de suite mon mode de fonctionnement et l’intransigeance dont je ferai preuve avec les valeurs qui me paraissent importantes. Je pense ne jamais manquer de respect à mes joueurs et je ne peux accepter qu’un membre du groupe manque de respect à un membre de mon staff.  

Etes-vous satisfait par le jeu produit depuis le début de saison ?
Par moments… mais si j’ai à choisir entre mal jouer et gagner ou l’inverse, mon choix est vite fait. Après, c’est certain que le but de tout entraîneur est d’essayer de gagner en jouant bien. Sur le premier match face à Saint-Etienne on a vu des choses intéressantes d’un point de vue du jeu. Cela a moins été le cas sur le deuxième face à Valence, mais l’adversité n’a pas été la même en jouant une mi-temps à dix et en allant chercher les ressources pour marquer deux buts en infériorité numérique. C’est pour ça qu’il est difficile de ne parler que de jeu, chaque match ayant sa vérité. Mais sur la durée, l’équipe qui gagne est souvent celle qui joue le mieux au football.

Quels sont les domaines les plus perfectibles ?
Il y en a forcément plusieurs puisque nous sommes en début de saison. Je citerai en premier la finition. Nous avons pas mal d’atouts offensifs, mais nous ne sommes pas assez tueur. L’observation des faiblesses de l’adversaire est également un aspect à développer chez les joueurs. Il y a un manque de réactivité par rapport à des situations de jeu. Je leur en ai parlé en début de semaine, un joueur de foot doit être capable sans directive du coach de s’adapter, de réajuster le plan de jeu défini en fonction des réponses apportées par l’adversaire. Cela doit faire partie du bagage intellectuel et tactique du joueur. Les coups de pieds arrêtés sont très importants également, la construction du jeu, la maitrise avec le ballon ou la maitrise de ses nerfs peuvent également être cités comme des domaines perfectibles aujourd’hui. Comme il n’y a eu que peu de matchs, je n’ai pas encore assez de recul, mais tous les domaines sont perfectibles. Sur le dernier match au Pontet par exemple, il y a eu un manque de rigueur suite à notre ouverture du score. On s’est d’ailleurs dit certaines choses après le match qui resteront entre nous.

Quelles sont les notions sur lesquelles vous insister le plus à l’entraînement ?
Les relations entre les lignes sont très importantes défense-milieu, milieu-attaque et défense-attaque. Cela permet d’avoir un bloc équipe cohérent, ce qui est la base de toute organisation. Ensuite les coups de pieds arrêtés qui ont une importance prépondérante dans le football actuel.

Deux expulsés lors des deux premières journées, avez-vous eu un discours particulier auprès du groupe ?
Avant la rencontre au Pontet, je leur ai demandé de garder la lucidité de maîtriser leurs nerfs quelque soit la situation. Plus on sera haut dans le classement, plus on sera provoqué. Cela fait partie des armes de nos adversaires à savoir maîtriser. Mais il y a deux types d’expulsion : les inacceptables et les compréhensibles. La seule chose qui est sûre c’est que nous ne parviendrons pas tout le temps à gagner à 10 comme on a pu le faire face à Valence, d’où la nécessite de gagner en maturité et en malice.

Sur le papier le championnat semble très relevé avec de nombreux clubs qui ont connu le National ces dernières années. Est-ce également votre avis ?
Complètement et comme je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, je ne suis pas certain que nous aurons un match facile. Il faudra aller chercher chaque victoire et personne ne nous fera de cadeau. Les trois premières journées sont le parfait exemple de ce qui nous attend jusqu’à la fin du championnat. Il faut y être préparé.

Vous êtes vous fixés un tableau de marche à suivre ?
Non aucun. Mon fil conducteur est de me dire que nous devons faire la course en tête ou au moins dans le bon wagon.

Un mot sur Colomiers qui sera à Coubertin samedi ?
Objectivement, c’est l’équipe qui m’a fait la meilleure impression la saison dernière. On avait gagné 3-2 là-bas, mais j’avais trouvé une formation complète à l’image de son coach, bien dans le jeu, avec un bon état d’esprit et athlétique. Et comme leur effectif n’a quasiment pas bougé depuis la saison dernière, il faut s’attendre une nouvelle fois à une rude adversité. Mais on y est préparé.

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