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La méthode Koué !
Peux-tu revenir sur ton parcours ?
Je suis né à Paris dans le XIIe arrondissement. Jusqu’à l’ad olesce nce j’a i toujours joué sur la région parisienne, d’abord au club de Carrière/Seine en poussins, puis le HAC en benjamins avant de re joindre AC Boulogne Billancourt en 13 ans. C’est un peu là que tout a commencé pour moi, j’ai joué cette année là en 14 ans fédéraux et en fin de saison j’ai eu pas mal de sollicitations, notamment venant d’Allemagne. J’ai fait un essai à Munich 1860 et au Bayern Munich. C’était impressionnant de se retrouver dans ce monde, de s’entraîner sur ces installations. J’ai eu la chance de croiser Ribéry et les joueurs du Bayern qui revenaient d’un match de Ligue des Champions. Je garde de grands souvenirs de cette expérience, mais aussi une gr an de source de motivation. Les choses ne se sont finalement pas faites et j’ai opté pour le centre de formation football Paris (centre de formation fédéral). J’y ai fait une année en 15 ans DH et 16 ans nationaux et à la fin de la saison le Stade de Reims m’a proposé de venir faire un essai et j’ai signé dès le premier jour. J’ai joué en 17 et 19 ans nationaux la première année. A la fin de la saison j’ai signé un contrat d’aspirant, mais malgré le fait que j’ai continué avec les 19 nationaux l’année suivante, les choses avaient changé. Cela a été une saison en demi-teinte à tous les niveaux, il y a eu un changement de coach, des problèmes dans l’effectif… Les dirigeants tardaient à me donner une réponse en fin de saison, me disant que pas mal de choses dépendaient de la CFA. Sachant qu’en plus Reims n’était pas un club qui faisait confiance aux jeunes, j’ai déci dé de bouge r pour voir autre chose et surtout trouver un club dans lequel je me sente mieux. Mon agent m’a fait pa rt du fait que Cannes cherchait un défenseur central. J’ai fait un essai et le coach Bettoni m’a fait signer. D’ailleurs j’en profite pour le remercier pour ce qu’il m’a apporté toute cette année. L’adaptation au centre s’est bien passée, il y avait une bonne ambiance, même si c’était un peu difficile pour moi qui avais déjà vécu quatre ans en centre de formation. J’apprécie aujourd’hui le fait d’être plus indépendant. Sur un plan sportif, le coach m’avait laissé entendre que si j’étais bon les portes de l’équipe première pourraient s’ouvrir. Je suis content d’être parvenu à l’intégrer en cette fin de saison.
Ton adresse au shoot aperçu lors de la rencontre mardi au gymnase de Ranguin avec l’association de sports adapatés L’Azuréenne ainsi que ta taille aurait pu te prédisposer au basket. As-tu hésité entre les deux sports ?
J’ai toujours été foot, même si c’est vrai que j’ai pas mal joué au basket dans ma jeunesse. En fait, mon frère jouait au basket, donc forcément j’allais le voir et on jouait ensemble, c’est pour ça que j’ai impressionné tout le monde avec mon shoot. (rires )
Comment as-tu vécu le fait de ne pas être conservé par Reims en fin de saison dernière ?
C’est une motivation supplé mentaire. Sans faire une super saison, je pense que je méritais d’être gardé. Le coach connaissait mon potentiel et il me l’avait dit. Mais je pense vraiment que c’est un mal pour un bien parce que ce club ne me correspondait pas, je ne me sentais pas à l’aise . C’est pour ça que j’ai pris la décision de ne pas attendre lorsqu’ils m’ont dit de patienter. Déjà que le club n’a pas une vraie politique de formation pour l’équipe première si en plus vous n ’êtes pas une priorité, cela ne sert à rien de s’accrocher, il vaut mieux partir.
As-tu remis en question un moment le fait de vouloir persévérer dans le milieu du football ?
Absolument pas, même s’il faut savoir se remettre en question et apprendre de ces échecs, je suis également conscient de mes qualités. Je pense plus que nous n’étions pas compatibles avec le Stade de Reims. J’ai constaté en arrivant à Cannes que la formation était de meilleure qualité. Je suis content d’avoir fait ce choix.
C’est ta première saison à Cannes et tu intègres déjà l’équipe première. Es-tu étonné ?
Au moment où je me suis engagé à Cannes, l’équipe première était en National. C’était déjà un objectif pour moi, alors naturellement après la rétrogradation je me suis dit qu’il fallait vraiment que je fasse tout pour intégrer le groupe au cours de la saison. Je ne suis donc pas étonné, mais content de ma progression et de la chance que donne le coach Pilorget aux jeunes.
Quel objectif t’étais-tu fixé en arrivant ?
Au-delà d’essayer d’intégrer l’équipe première, je voulais surtout continuer ma formation en progressant sur des détails. Je savais que si j’y parvenais je ne serai pas loin de la CFA. Ensuite naturellement l’objectif était de signer un contrat et d’essayer de grandir avec le club s’il compte sur moi et si nos ambitions sont en adéquation. Au départ j’étais plutôt venu à Cannes pour rebondir une saison avant d’essayer de retrouver un club professionnel, mais je me sens bien ici et l’AS Cannes n’est pas n’importe quel club. Quand tu vois la liste des joueurs qui sont passés ici… Et les recruteurs ont toujours un œil sur Can nes quelque soit la division.
Comment s’est passé ton intégration dans le groupe ?
Je connaissais déjà les jeunes qui l’avaient intégré avant moi (Alexis, Logan, Christopher,…). Cela a donc forcément facilité les choses même si au départ on se fait toujours discret. Avec le temps on se lâche, en plus l’ambiance est vraiment bonne. Les anciens ont su me mettre à l’aise, notamment « le vieux » (Adama Soumaré) qui fait bien rires. (rires)
Qu’est ce qui t’a le plus étonné au niveau du jeu en CFA ?
Pour l’entraînement, j’ai été surpris par le niveau d’intensité. On sent que la concurrence pousse à une compétition et donc chacun se donne à fond. C’est vraiment positif parce que ça aide à progresser sur les détails. L’autre changement que j’ai ressenti, c’est sur un plan physique. Par rapport à mon gabarit, je n’avais pas besoin de forcer pour m’imposer dans les duels en jeunes. Là c’est différent, il faut que je sois concentré et dur à l’impact pour faire comprendre à l’adversaire que le match sera compliqué pour lui. Le défi physique reste la base pour un défenseur. Le dernier paramètre est de réussir à gérer la pression. Je l’ai ressenti durant les premières minutes de ma première titularisation face à Consolat. Je n’avais pas envie de me louper, j’avais envie de rendre au coach la confiance qu’il avait placé en moi. Il m’a fallu dix minutes pour évacuer ça et me mettre pleinement dans mon match.
Tu as évolué en milieu défensif pour ta première apparition en rouge et blanc, puis ensuite en défense centrale. Quel est ton poste de prédilection ?
En fait au fil des années mes différents coachs m’ont fait reculer. J’espère que ça va s’arrêter là parce qu’il n’y a plus que le poste de gardien derrière moi. (rires) J’ai commencé n°10, puis en 15 ans DH j’ai joué milieu défensif. C’est en 17 ans nationaux que j’ai évolué pour la première fois au poste de défenseur central. Je me sens bien à ce poste, mais je suis aussi à l’aise devant la défense. Je le prends comme une chance de pouvoir jouer à plusieurs postes.
Quelles qualités doit avoir pour toi un défenseur central moderne ?
Comme je le disais précédemment, il se doit avant tout de s’imposer physiquement. Cela reste la qualité primordiale. Ensuite, il est également important d’avoir un bagage technique suffisant pour pouvoir jouer le rôle de premier relanceur aussi bien dans le jeu court que long. Enfin le plus est d’apporter dans la communication, on a un positionnement avec du recul sur le reste du jeu, cela doit permettre de pouvoir aider ses coéquipiers dans le placement.
Quel est ta référence à ce p
oste ?
On me compare beaucoup à Mamadou Sakho. Je dois avouer que la comparaison me flatte. J’aime bien aussi Lilian Thuram pour à la fois la force et la sobriété qu’il dégageait. Mais je me rapproche peut être plus Marcel Desailly dans le profil puisqu’il jouait aussi à la fois en défense central et en milieu défensif… enfin toute proportion gardée. Mais mon idole au poste de défenseur central restera Jean-Marc Pilorget… non je plaisante je n’étais pas né à l’époque. (rires)
Si on devait se revoir pour une interview à la fin de carrière, qu’aimerais-tu avoir à me dire à ce moment ?
J’espère qu’en me retournant sur ma carrière je pourrais me dire que je ne regrette aucun de mes choix, tout simplement. Dans l’idéal je souhaiterai grandir avec l’AS Cannes et ensuite vivre une expérience à l’étranger, en Angleterre ou en Allemagne dans l’idéal. Avant pourquoi pas de revenir finir ma carrière à l’AS Cannes en Ligue 1. (sourires) J’espère surtout que ma famille aura été fier de moi. J’ai une source de motivation immense au fond de moi en pensant à ma mère et à mon père qui est décédé lorsque j’étais jeune.
Un dernier mot ?
Oui je voudrais passer un message à mes potes qui me soutiennent, aux personnes qui ont toujours cru en moi et à ma famille qui est le plus important à mes yeux.
