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Logan Kleffer : "Je veux poursuivre ma progression avec celle du club"
Peux-tu nous raconter ton parcours ?
Je suis Alsacien d’origine et j’ai débuté le foot dans un petit club du nom de Russ, qui réunissait trois petits villages. Au départ j’étais joueur, mais en poussins il n’y avait pas de gardien dans l’équipe. Je me suis dévoué pour « aller aux cages », ça m’a plu et comme je ne me débrouillais pas trop mal, j’ai décidé de continuer. En plus ça arrangeait tout le monde (rires). En rentrant au collège, j’ai rejoint une classe sport-études et l’année suivante j’ai signé à l’AS Erstein. C’est réellement à 14 ans que les choses se sont accélérées pour moi, j’ai changé de sport-études et dans le même temps j’ai signé en 14 ans fédéraux à Haguenau. J’ai été sélectionné en équipe d’Alsace et on a participé à la coupe nationale. C’est la première année que j’avais des entraînements spécifiques. J’ai vraiment énormément progressé durant cette période. Et c’est à 16 ans que l’opportunité de l’AS Cannes s’est présentée. Un de mes anciens entraîneurs de spécifique gardien a parlé de moi à Mr Izzo qu’il connaissait, les dirigeants cannois m’ont alors proposé de venir faire un essai. Je suis venu et cela a été concluant.
Comment s’est passé ton adaptation à ton arrivée sur la Côte d’Azur et au centre d’hébergement rouge et blanc ?
Je dois avouer que cela a été un gros changement pour moi aussi bien en terme de mentalité que de climat. Les deux premiers mois ont été assez compliqués parce que j’avais beaucoup de mal à m’habituer à la vie au centre. Au départ j’étais seul dans ma chambre et comme je suis de nature réservé, je n’avais quasiment pas de relation avec les autres. Puis le coach Bettoni a demandé à ce que je sois en chambre avec quelqu’un, sentant que j’avais besoin de ça pour m’intégrer dans l’équipe. Comme j’avais du mal à aller vers les gens, le fait de partager la chambre avec quelqu’un a facilité les choses. Sur un plan du climat, j’ai beaucoup souffert au départ des fortes chaleurs. Je suis arrivé pour la préparation d’avant-saison en plein été et je me souviens que j’ai eu beaucoup de mal. Mais comme pour tout, c’est une question d’adaptation.
Que garderas-tu de ces années ?
La vie au centre a été quelque chose de très enrichissant. J’ai découvert des mentalités et des cultures que je n’avais pas l’habitude de fréquenter. Puis il y avait l’entraide entre nous, les parties de rires. Et sur un plan plus personnel, ça a contribué à me forger mon caractère, à le renforcer. Quand vous vivez en communauté avec une vingtaine de personnes de votre âge, il faut savoir réussir à se faire sa place, se faire respecter avec son caractère sinon vous pouvez vous faire bouffer. J’étais peut être celui qui avait la mentalité la plus différente de tous en arrivant et j’y suis parvenu. C’est une fierté aujourd’hui d’être parvenu à m’adapter à la vie au centre et à m’imposer sur un plan sportif.
Peux-tu revenir sur ton intégration en équipe première ?
Dans les dernières semaines de la saison dernière avec les 19 nationaux j’ai été appelé à rejoindre le groupe National pour les entraînements et j’ai même eu la chance de « faire le banc » à Bayonne. En plus comme j’étais 19 ans 1ère année je ne m’y attendais pas du tout. Pourtant le coach Bettoni me l’avait dit en début de saison dernière « si tu es sérieux toute la saison et que tu progresses, tu intégreras le groupe de la première en fin de saison ». Je ne le croyais pas sur le moment, mais c’est arrivé. Vu ma nature timide et réservée, j’étais dans mon coin au début, mais j’ai eu la chance qu’il y avait plusieurs jeunes avec qui j’étais au centre et je jouais en 19 ans nationaux, ça a facilitait les choses.
Quel est le rôle d’un troisième gardien ?
Disons que pour moi aujourd’hui, il est d’apprendre et de progresser. Tout a été plus vite que ce que j’avais pu imaginer lorsque je suis arrivé au club. C’est une chance et je veux continuer d’en profiter, je sais aussi que c’est un milieu où les choses n’arrivent pas par hasard, mais où elles peuvent également aller très vite dans les deux sens. J’essaye donc de me donner à fond tous les jours à l’entraînement parce que je suis encore en période de formation.
Quelle relation entretiens-tu avec Jérémy (Gavanon) et Perica (Radic) ?
Pépé et Jé sont très gentils dans leur attitude avec moi et ce sont de supers gardiens. Mon objectif est de progresser à leurs côtés pour essayer d’atteindre leur niveau. Je ne me place pas réellement dans une situation de concurrence, mais plus dans celle d’apprentissage à leurs côtés. Mais en même temps je saisirai chaque occasion qui me sera donnée, comme face à Consolat où j’aurai la chance d’être sur le banc à cause de la blessure de Jérémy.
Avoir un coach du nom de François Lemasson doit être enrichissant ?
J’ai regardé son palmarès quand j’ai rejoint le groupe et c’est clair qu’il inspire le respect. Mais en plus d’avoir été un grand gardien, il sait être pédagogue et à l’écoute. J’apprécie le fait qu’il ne cherche pas à me changer, mais il me conseille et m’incite à adapter mon style de jeu par rapport aux conseils qu’il me donne. Je sais que j’ai beaucoup de chance d’être entouré par de telles personnes.
Comment gères-tu le fait de ne pas jouer tous les week-ends ?
C’est assez difficile à gérer pour la simple et bonne raison que l’on s’entraîne toute la semaine pour valider le travail le week-end. Il n’y a que la compétition qui te permet de savoir si tu es bon, si tu progresses réellement. Le contexte, la pression ne peuvent pas être les mêmes à l’entraînement. Mais cela fait partie des paramètres que l’on connait dès le départ lorsque l’on est n°3 et il faut faire avec.
Perica Radic nous disait dans l’interview de la semaine dernière que vous (les gardiens) aviez une place à part, une sorte de groupe dans le groupe. Quel est ton sentiment sur cette vision ?
Je partage la même vision que lui. On n’est pas considéré comme des joueurs de champ. On est le dernier rempart, celui qui n’a pas le droit à l’erreur et qui sera forcément en première ligne dans les critiques après un but encaissé. Il y a cette pression psychologique en plus à gérer par rapport aux joueurs.
Quelles sont tes points forts et points faibles ?
Pour les qualités, je dirai ma vitesse, mes réflexes, que j’apprends vite et que je n’hésite pas à me remettre en question. Concernant les choses à améliorer en priorité, je citerai mon jeu au pied et ma gestion émotionnelle du stress.
Comment vois-tu l’avenir ?
Je pense que j’ai besoin de finir ma formation avant de prétendre pouvoir jouer à un certain niveau. Dans l’idéal je souhaiterai poursuivre ma progression avec celle du club dans les années à venir.
Photos : Kevin MESA
