AccueilActualitésInterviewsRomain Rambier : "On a une histoire à écrire…"

Le 14/09/2012 - 09:18

Romain Rambier : "On a une histoire à écrire…"

Romain Rambier est l’invité du site officiel cette semaine. Homme entier, le capitaine ascéiste est aussi incisif par le tacle que par la parole. A vous d’en juger…

Tu parais particulièrement bien en ce début de saison. Est-ce également ton sentiment ?
Je pense être à l’image de l’équipe. En sport collectif, la bonne performance individuelle passe forcément par une bonne performance collective et on a la chance que ce soit le cas depuis le début de la saison. Sur un plan personnel, la confiance que place en moi le staff me fait beaucoup de bien. Je suis quelqu’un qui marche à l’affectif et qui a besoin d’avoir des responsabilités pour s’investir pleinement. Le coach y est pour beaucoup, par ses mots et l’implication qu’il demande, il m’a permis de retrouver du plaisir cette saison.

 

La stabilité de l’intersaison semble avoir été bénéfique pour le groupe ?
Complétement ! La continuité du staff et d’une partie de l’effectif a permis de travailler durant six mois la saison dernière et de disposer de cet acquis au moment de la reprise en juin. Il n’y a pas de hasard si nous réalisons ce début de championnat, c’est simplement le fruit d’un travail cohérent mis en place depuis janvier dernier. En plus de cette continuité, toutes les recrues de l’intersaison sont arrivées avec une super mentalité, au-delà de leurs qualités individuelles. En football et dans tout projet collectif, la mentalité d’un groupe est un élément essentiel de la réussite.

 

Tu fais désormais partie des anciens, comment as-tu vu évoluer le club ?
Devant l’investissement financier et humain des dirigeants, j’ai vraiment été déçu de l’épisode qui s’est déroulé il y a un an avec la rétrogradation. Je pense qu’à ce moment le club était sur la bonne voie après avoir fini pas très loin du podium l’année précédente. Les dirigeants auraient pu lâcher devant cet acharnement de la part des instances et de certains clubs qui s’étaient ligués contre l’AS Cannes, mais au contraire cela a renforcé leur détermination à y arriver. A nous désormais de leur rendre la pareille et on sent que la roue est en train de tourner. On a une histoire à écrire tous ensemble.

 

Est-ce que du fait d’être capitaine, tu te donnes certaines obligations ?
Capitaine ou pas, j’ai l’obligation d’être bon sur le terrain, surtout à mon poste où la moindre erreur se paye cash. Tout au long de ma carrière, j’ai toujours été très exigeant envers moi-même et fait attention à tout ce qui pouvait nuire à ma performance. C’est sans doute pour cela que sans avoir des qualités extraordinaires par rapport à d’autres joueurs, mon sérieux et ma rigueur m’ont permis de faire trois montées et d’avoir du temps de jeu chaque saison dans tous les clubs où j’ai évolué.  J’essaye au quotidien d’être un exemple dans la mentalité. Pour cela j’ai besoin de sentir la confiance dans les yeux du coach et ce n’était pas le cas la saison dernière. J’avais commencé avec le brassard, mais je n’avais aucune affinité avec David Guion, ça ne servait donc à rien de continuer dans ce rôle. Pour être un relais sur le terrain pour le staff, la confiance est indispensable. D’ailleurs même si un seul joueur porte le brassard, on ne peut pas dans un groupe de 25 personnes être le seul garant des valeurs d’un club et du bon fonctionnement du groupe. Cette saison, Jérémy Gavanon, Antony Lopez Peralta, Jérémie Clément et Nico Soumah (à qui j’en profite pour souhaiter un prompt rétablissement) jouent ce rôle de taulier à mes côtés et on tient en Clément Dragon l'animateur du vestiaire. (rires)

 

 

A travers l’image rendue par l’équipe de France notamment, beaucoup de médias et anciens sportifs remettent en question l’évolution des mentalités dans le football. Toi qui as vu arriver plusieurs générations, quel est ton avis sur la question ?
Beaucoup de personnes disent que le football est un reflet de la société et je pense qu’ils n’ont pas tort. On tend vers un monde de plus en plus individualiste. Malgré que ce soit un sport collectif, on a tous notre petite entreprise individuelle de par l’obligation d’être performant et régulier pour satisfaire son employeur qu’est le club, cela n’empêche pas de s’inscrire dans un collectif et de respecter certaines valeurs. Il y a moins « de vie » qu’avant dans les groupes. On arrive le dernier à l’entraînement, on écoute sa musique ou on est sur son ordinateur portable… Ce sont autant de comportements qui nous éloignent les uns des autres et qui créent donc une difficulté à avoir une cohésion d’équipe puisque finalement on ne connait plus vraiment les joueurs avec qui l’on joue toute l’année. Cette saison on a justement réussi à créer une réelle vie de groupe et je pense que ça n’est pas étranger à nos résultats. On prend plaisir à se retrouver en dehors du cadre du stade. Pour finir sur cette question je pense que beaucoup de jeunes joueurs n’ont pas compris qu’être professionnel signifie avoir un certain comportement d’exemplarité sur et en dehors du terrain.

 

Quel est ton sentiment sur le début de saison ?
Il n’est pas possible de tirer un bilan sur cinq matchs, mais c’est intéressant de constater que l’on a presque réalisé le plein de points. Le nul au Pontet me reste d’ailleurs en travers de la gorge parce que l’on a manqué de rigueur. Après avoir ouvert le score, on aurait du « fermer la boutique ». Malgré ce petit accroc, le groupe est sur une très bonne dynamique qu’il faut continuer à entretenir week-end après week-end.

 

Quelle est pour toi la chose dont vous devez le plus vous méfier ?
Nous-même… Le danger serait de se croire arrivés avant l’heure. Le championnat va être très long et on peut d’ailleurs se rendre compte que malgré un super début de championnat, deux équipes sont seulement à deux points derrière nous. Personne ne nous fera de cadeaux.

 

Samedi c’est Monaco qui se présente à Coubertin. Jouer une réserve professionnelle présente quelles spécificités ?
Je me retrouve dans ce que disait le coach dans son débrief cette semaine sur le site officiel, l’adversaire n’a pas d’importance. On doit se tenir à notre plan de jeu et être efficace. On sait qu’aucune équipe ne lâchera rien, à nous de leur faire comprendre rapidement qu’à Coubertin avec nos supporters il n’y a pas de points à venir chercher cette saison.

 

Tu sembles entretenir un lien particulier avec les supporters cannois. Peux-tu nous expliquer ?
C’est très important à mes yeux, cela fait partie de notre métier. Que l’on gagne ou que l’on perde, ils payent leur place pour venir nous soutenir, il est donc normal de leur consacrer de notre temps. J’ai la chance de faire le plus beau métier du monde et je sais que beaucoup d’entre eux auraient rêvé être à notre place, on peut donc essayer modestement de leur faire partager. On en revient à ce dont je parlais précédemment, l’importance pour moi des rapports humains. Quel intérêt de vivre des émotions si ce n’est pas pour les partager ?

 

 

Comment envisages-tu l’après-football ?
J’ai passé la saison dernière le DUGOS (diplôme universitaire de gestion des organisations sportives) et validé mon BE1 (diplôme d'entraineur). J’essaye de m’ouvrir à plusieurs voies pour trouver celle qui me plaira, même si pour le moment je suis encore pleinement joueur. Je ne me pose pas encore réellement la question de ma reconversion. Je ferai le point en fin de saison avec les dirigeants et ma famille pour voir si l’on continue l’aventure ici où je me sens très bien. De toute manière cela passe par une grande saison sur un plan individuel et collectif. Le plus important aujourd’hui à mes yeux est que je me régale tous les jours en venant à l’entraînement. Et ça n’a pas de prix !

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