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Le 03/03/2012 - 03:19

Sébastien Gimenez : "Hâte d’en découdre !"

Longtemps blessé, le fidèle latéral gauche rouge et blanc a retrouvé son couloir. Il revient sur ses quelques mois de galère et nous fait part de sa détermination. Entretien…

Tu reviens après une longue convalescence suite à une opération à l’épaule. Comment vit-on ces moments entre blessure-opération-rééducation-reprise…
Dans mon cas, c’était assez particulier parce que c’était la troisième fois que je me déboitais l’épaule. Logiquement il faut se faire opérer la deuxième fois que ça arrive, mais je ne le souhaitais pas, j’ai préféré me remuscler en espérant que ça tienne. Malheureusement lorsqu’elle s’est déboitée à une nouvelle reprise j’ai été voir le chirurgien avec le doc du club et je n’avais plus d’alternative. Sur le moment le chirurgien m’a rassuré sur l’intervention et la durée d’indisponibilité qui devait être de trois mois, mais mon corps a mal supporté l’opération. Mon épaule se rétractait. Je ne suis pas quelqu’un de douillet, mais je peux vous dire que j’ai passé des nuits blanches de douleur. Je suis resté 45 jours avec le bras complètement immobilisé, heureusement que j’avais mon petit pour m’occuper même si je ne pouvais le prendre dans les bras. Après à commencer la phase de rééducation, moralement ça m’a fait beaucoup de bien parce que cela me permettait de revenir au stade et de voir mes potes. En janvier, j’ai pu reprendre le terrain, c’est vraiment le meilleur moment parce que rien ne remplace cette sensation. Après m’être déboité l’épaule trois fois je garde forcément une appréhension, je ne peux pas encore faire les touches en match, mais je suis de retour et on peut compter sur moi pour la fin de saison.

Est-ce que ce sont aussi des moments pour penser extra-football, après carrière ?
Oui et j’en ai d’ailleurs profité pour commencer à approfondir un métier dans lequel je me verrais bien plus tard : la cuisine. Je prends des cours par correspondance, je m’entraîne et je me verrais bien après avoir appris le métier avoir mon restaurant dans quelques années. Avec toutes les émissions qu’il y a là-dessus en ce moment à la télé, je ne sais pas pourquoi mais je sens que je vais me faire chambrer dans le vestiaire dans les jours qui viennent (rires).

Dans cette période se sent-on en marge du groupe ?
Un peu, même quand j’ai repris la rééducation parce que j’allais juste voir Jeff le kiné pour les soins. Dans la phase suivante je courais seul sur le terrain, ce n’est pas facile parce que vous êtes dans le vestiaire avec les autres et quand ils partent s’entraîner, vous vous allez juste faire quelques tours de terrain. Par contre dans cette période juste le fait de retrouver le vestiaire m’a fait beaucoup de bien, on retrouve tout de suite ses repères. Le chambrage des potes ça manque finalement (rires). En plus il m’avait trouvé un super surnom par rapport à mon opération, T-Bag c’est un détenu pédophile dans Prison Beak qui s’est fait couper le bras (rires).

Le retour à la compétition doit être vécu comme un soulagement ?
Bien sûr quand tu es sportif de haut niveau, la compétition est ton moteur. Quand tu en es sevré pendant plusieurs mois c’est compliqué à gérer psychologiquement. En plus j’ai la chance de revenir quand l’équipe va mieux. On va tout faire pour que cela dure.

On est souvent plus objectif lorsque l’on n’est pas dans le groupe. Quel a été ton analyse sur le début de saison ?
J’ai vécu le début de saison de l’intérieur avant de me blesser, c’est vrai que cela m’a permis de passer d’une situation d’acteur à celle de spectateur. J’ai le sentiment que les gars avaient souffert de tout ce qui s’était passé cet été en coulisses. J’ai trouvé des joueurs affectés, déstabilisés. Le coach a essayé de cacher les choses, mais plus les jours avançaient plus on se rendait compte qu’on allait tout droit en CFA. Et à l’arrivée on n’était pas préparé à ça. Ce championnat est très éprouvant physiquement, il faut se préparer à la guerre tous les week-ends, et nous on avait une approche de jouer au football, de gagner des matchs par le jeu. Quelque part on se voilait la face, on n’était pas en phase avec ce que l’on venait de vivre.

Qu’est ce qui a changé ?
Il nous a fallu du temps pour nous adapter au niveau, mais le nouveau coach a compris tout de suite que c’était l’envie et les duels qui nous permettraient de gagner des matchs. Avant on cherchait à jouer alors que nos adversaires nous attendaient à dix derrière. On s’est adapté et ça marche. La rencontre à Colomiers en est le meilleur exemple, on défend durant presque quatre-vingt-dix minutes et l’on marque sur les quelques occasions que l’on se crée. Il faut être avant tout solide et pragmatique, si en plus on peut y apporter du jeu tant mieux. J’avais connu le CFA avec Toulon, il n’y a pas de secret, c’est un combat tous les week-ends.

Pour un retour, tu as vécu quelque chose d'assez rare dans une carrière, 3 matchs en une semaine à l'extérieur. Comment s'est déroulée la vie du groupe pendant cette semaine très particulière ?
Ça faisait longtemps que je n’avais pas fait de déplacements comme ceux-là. On retrouve dans le bus l’ambiance du vestiaire. Cela permet de se ressouder et 8 heures de car avec une victoire dans les valises, ça permet à tout le monde de se lâcher. Cette semaine nous a vraiment fait du bien dans la cohésion du groupe.

Samedi, c'est le leader Uzes qu'il faudra affronter, Connais tu cette équipe ?
Contrairement à certains je ne suis pas surpris par leur parcours dans le sens où chaque équipe qui participe au championnat CFA tentent leur chance à fond. Chaque année on voit des équipes monter en National qui n’étaient pas parmi les favoris. C’est une équipe typique de CFA qui nous avait pas mal fait bouger à l’aller. Il faudra s’en souvenir…

Comment vois-tu la fin de saison ?
Elle est simple, on a des finales à jouer lors de chaque journée de championnat si on veut avoir une chance de monter en fin de saison. On en a tous conscience et on a tous hâte d’en découdre chaque semaine. Le coach a été intelligent à son arrivée en nous faisant confiance. On s’est pris en main et lui est là pour faire des ajustements et nous recadrer lorsque c’est nécessaire.

Un dernier message ?
Je tenais simplement à remercier Jeff le kiné du club. Il m’a beaucoup soutenu durant toute ma convalescence en m’accompagnant dans les soins et dans ma phase de reprise.

 

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