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Le 26/06/2012 - 09:43

Ziad Fakhri : "L'avenir reste à écrire..."

A l'occasion de la sortie de Dragons Spirit "spécial 110 ans" (que vous pourrez retrouver prochainement en téléchargement sur le site officiel), le président Ziad Fakhri s'est livré au cours d'une interview sans concession. La voici en avant-première...

On apprend de chaque expérience dans la vie. Quels enseignements tirez-vous de celle que vous vivez à Cannes depuis votre arrivée ?
Forcément beaucoup de choses. Toutes les expériences de la vie sont enrichissantes que ce soit dans la réussite ou la difficulté. Ce que nous vivons à Cannes depuis notre arrivée n’est pas simple. Nous avons traversé beaucoup d’épreuves qui nous aurons au final permis d’apprendre peut être plus rapidement. Le plus dur est de vivre un sentiment d’injustice. Sans fuir nos responsabilités sur les événements qui se sont déroulés lors de la dernière intersaison, tout le monde s’accorde à dire que les conséquences se sont avérées totalement disproportionnées. Mais je ne suis pas de ceux qui regardent vers le passé.  Cela fait désormais partie de notre histoire commune avec l’AS Cannes, on ne l’oubliera jamais, mais l’avenir reste à écrire.

 

Vous semblez avoir pris un peu de recul cette saison. Cela était-il nécessaire pour dépassionner tous les événements qui se sont déroulés ?
Je ne pense pas que l’on puisse dépassionner car la passion pour le football peut être comparée à l’amour, ce sont des choses irrationnelles. Je dirai plutôt que les événements que l’on a vécu nous amène à voir notre passion différemment. On se rend compte que c’est un milieu particulier avec certaines pratiques qui luis sont propres. Et je ne fais pas seulement allusion aux événements de l’été dernier, mais également à ce qui s’était passé dans la lutte pour la montée avec Arles lors de notre arrivée. Après notre rétrogradation, j’ai eu besoin d’analyser les choses en profondeur, j’ai donc en quelque sorte pris du recul. Attention, cela ne veut pas dire que je m’intéressais moins au club, mais cela m’a permis face à l’adversité à laquelle on était confronté de me poser les bonnes questions. J’apprends à vivre ma passion différemment, en tenant compte de tous ces paramètres extérieurs spécifiques au milieu et à être plus patient. Je me suis ressourcé pour repartir sur un nouveau cycle en CFA qui a débuté par une saison forcément compliquée car nous ne pouvions pas ressortir indemnes de ce que nous avions vécu. Il fallait que je sache avec mes proches dont mon père et Mr Nielsen si on était prêt à repartir tous ensemble de l’avant. Aucun ne devait subir la décision, nous sommes arrivés ensemble et je tenais à ce que nous soyons tous encore convaincus de notre volonté de réussir ce projet. Leur réponse ne m’a pas étonné, j’ai même le sentiment que cette épreuve nous a renforcé dans notre détermination.

 

Peut-on dire que votre projet pour l’AS Cannes a simplement pris un peu de retard ?
Oui incontestablement, à partir du moment où nous sommes descendus d’une division, mais les circonstances sont difficiles à accepter. L’avenir nous dira s’il s’agissait de reculer pour mieux sauter.  On était arrivé avec des ambitions affichées, mais nous n’avons jamais essayé de brûler les étapes. Quoi qu’on en dise notre bilan sportif était satisfaisant sur les deux premières saisons, même si l’on n’avait pas atteint notre objectif. Je suis le premier à ne pas me satisfaire de ne pas être parvenu à monter en Ligue 2, mais sur les dernières saisons où Evian puis Bastia ont accédé au professionnalisme, le record de points du championnat National a été battu à deux reprises. Depuis notre arrivée nous avons totalisé 54 victoires, 46 nuls pour 26 défaites. Tous ces chiffres ne sont en rien des excuses, mais ils sont là pour prouver que nous ne sommes pas non plus dans le faux. Si nous continuons à travailler et à être patient, cela va forcément nous sourire.

 

Des aventures comme Evian ou Bastia ces dernières années qui ont accédé du National à la Ligue 1 en deux saisons doivent forcément vous servir d’exemple. Que retenez-vous de leur parcours ?
Je tiens avant tout à les féliciter parce que l’on connaît la difficulté de parvenir à mener un tel challenge à bien. Comme je le disais précédemment, leur nombre de points obtenu prouve que leur accession n’a souffert d’aucune contestation aussi bien en National qu’en Ligue 2. Cela prouve aussi que rien n’est impossible et que la plus grande difficulté a peut être toujours été de s’extirper de ce championnat National. Quand vous pensez que sur ces trois dernières saisons 5 des 9 clubs qui ont accédés à la Ligue 2 sont montés en Ligue 1 (Arles, Evian, Reims, Troyes, Bastia). Même si chaque club a ses spécificités, il faut s’en servir d’exemple. Le plus proche de nous est peut être Bastia qui au moment de descendre en National il y a deux ans était au bord du dépôt de bilan et qui a su se reconstruire en retrouvant son identité, ses racines et un projet sportif cohérent.

 

N’est-il pas difficile de trouver un juste milieu entre la nécessité d’être performant chaque saison et la volonté de mettre en place un projet sur le long terme ?
Inévitablement, on a la volonté de mettre en place un projet, mais on est rattrapé par la logique économique. Il n’y a que les résultats sportifs qui pourront pérenniser le club financièrement et sportivement. Il faut donc trouver le juste équilibre entre structurer un projet qui permettra au club d’avoir des bases assez solides pour franchir le cap du professionnalisme le jour où il y accédera et dans le même temps se donner les moyens sportifs pour pouvoir accéder justement à ce premier échelon professionnel qu’est la Ligue 2.

 

Finalement seule une accession en Ligue 2 permettrait au club de pouvoir envisager une autonomie financière en retrouvant un statut professionnel, ses avantages financiers et la possibilité de mettre en place une vraie politique de formation avec la réhabilitation du centre de formation...
Que ce soit sur les deux plans, financier et sportif, la Ligue 2 est la clé de la pérennité de l’AS Cannes. Au-delà de la joie que cela procurerait pour tous les amoureux du club, c’est une nécessité. Nous avons structuré le club comme un club professionnel en terme sportif, médical et administratif. Maintenant il faut arrêter de parler de Ligue 2, se ranger cela dans un coin de la tête et penser à notre prochaine saison en CFA parce qu’elle sera forcément compliquée. Il ne faut pas oublier d’où l’on vient et où l’on veut aller, mais il faut se souvenir que le CFA est aujourd’hui notre quotidien. On doit rester ambitieux, sans brûler les étapes.

 

La deuxième partie de saison a laissé entrevoir de beaux espoirs. Comptez-vous vous appuyer sur cette dynamique pour la saison prochaine ?
Bien évidemment, même si la vérité d’1/2 saison n’est pas forcément celle de la prochaine. Il faudra se servir de l’expérience emmagasinée dans les bons et les mauvais moments cette année pour réaliser un championnat plein d’août à juin la saison prochaine. C’est le mal du club depuis dix ans. L’AS Cannes va toujours mieux à l’approche du printemps. Mais une montée se joue sur la régularité. A nous de le comprendre, l’assimiler et de se donner les moyens de notre ambition.

 

Une continuité dans le staff est-elle importante à vos yeux ?
Oui naturellement, c’est pour ça que nous avons renouvelé notre confiance à Jean-Marc Pilorget. Il a su insuffler un nouvel élan au groupe depuis janvier. Malheureusement on savait que le challenge qu’on lui confiait serait difficile à relever à cause de l’écart important qui nous séparait du premier. Avec sa connaissance de l’effectif et le temps à sa disposition durant cette intersaison, il a désormais toutes les cartes en main.

 

Quel sera le visage de l’AS Cannes version 2012-13 ?
Nous comptons nous appuyer sur une bonne partie de l’effectif actuel parce que nous nous sommes rendus compte aussi depuis notre arrivée au club qu’il est important d’avoir une certaine continuité dans un vestiaire. Il n’y a pas d’aventure sportive sans aventure humaine et il y a besoin d’avoir des liens pour cela. Certains doivent être les garants des valeurs et de l’esprit de l’AS Cannes. Un groupe doit être complémentaire, homogène. Nous gardons certains plus pour leurs qualités techniques et d’autres pour leur rôle dans le vestiaire. On ne fait pas une bonne équipe avec onze artistes, ni avec onze besogneux. Nous allons en concertation avec le coach essayer de nous rapprocher du meilleur équilibre.

 

Doit-on s’attendre à un changement pour les maillots de la saison prochaine ?
On gardera nos couleurs viscérales avec le maillot à domicile qui sera à une retouche près le même que cette saison. La nouveauté interviendra sur le maillot extérieur. En effet, nous avons décidé de reprendre une couleur historique du club : le jaune. C’est un clin d’œil à l’histoire du club.

 

Pouvez-vous nous donner des informations pour les supporters concernant la fermeture de la tribune Nord ?
Une commission de sécurité a visité le stade Pierre de Coubertin et a rendu ses conclusions à la Ville. En tant que propriétaire du stade, la municipalité de Cannes est tenue de le maintenir aux normes en vigueur. Certaines choses ne l’étaient plus, dont la tribune Nord. La Ville a donc pris la décision de la démonter comme cela a déjà été fait durant la saison pour la tribune Sud. Nous n’avons aucun pouvoir de décision sur toutes les structures que nous occupons puisque nous sommes locataire de la Ville. Il leur appartient donc de reconstruire un préfabriqué ou pas. Je tiens juste à dire que je regrette cette situation car chaque tribune a son histoire et la populaire Nord a toujours été le premier soutien pour les joueurs à Coubertin.

 

Si vous deviez nous donner votre meilleur souvenir et votre plus grand regret ?
Même si malheureusement cela n’a été que ponctuel, j’ai vécu des moments forts depuis que j’occupe les fonctions de Président de l’AS Cannes. Mon plus grand souvenir reste le 10 septembre 2010 avec la réception de Bastia (victoire 2-1). La communion et la joie que j’ai vu sur les visages des supporters ce jour-là dans un Coubertin bien garni et bouillant derrière l’équipe m’a transporté. C’est pour vivre de tels moments que l’on aime le foot.
Pour ce qui est de mon plus grand regret, il n’est pas sportif. Je pourrais avancer les raisons que j’évoquais tout à l’heure avec la grande adversité que nous avons dû affronter les deux dernières saisons avec un total de points largement battu. Je pourrais également vous dire qu’avec le nombre de points avec lequel nous avons terminé 5e la saison dernière nous serions montés cette année. Mais cela reste la loi du sport. Mon plus grand regret est donc que cette équité sportive n’ait pas été respectée lors de nos six premiers mois à la tête du club. Si nous ne sommes pas montés en 2009 lorsque nous étions à la lutte avec Arles, les raisons sont à chercher en dehors du rectangle vert et c’est inacceptable.

 

Un mot pour les partenaires ?
Leur présence à nos côtés est importante aussi bien sur un plan financier que moral. J’ai toujours évoqué notre venue à Cannes avec pour principale moteur le fait de vivre une aventure humaine et c’est important de sentir la Ville de Cannes, le Conseil Général ainsi que de nombreuses entreprises à nos côtés. On dit souvent que c’est dans la difficulté que l’on compte ses proches, je suis donc très fier de voir toujours sur nos équipements cette saison nos principaux sponsors que sont Ma Nouvelle Mutuelle, Azur Buro  et Atlas. Je tiens à tous les remercier de leur soutien et leur donne rendez-vous la saison prochaine.

 

Pour finir, un message à l’attention des fidèles supporters qui suivent le club ?
Le soutien du maillon le plus fort de nos supporters nous a permis de tenir le coup et nous a conforté dans la continuité de nos ambitions et de notre projet.

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